Activités culturelles

Merveilleuse Cendrillon à l'Opéra de Lyon

Par GUILLAUME LEBOURGEOIS, publié le lundi 8 janvier 2018 12:00 - Mis à jour le lundi 15 janvier 2018 10:57
Cenerentola_02.jpg
20 élèves de 1GA1 se sont rendus à l'Opéra de Lyon pour découvrir La Cenerentola de Rossini le mardi 19 décembre dans le cadre du dispositif Lycéens et Apprentis à l'Opéra financé par la région Auvergne Rhône Alpes.

La Cenerentola de Rossini fut l'oeuvre parfaite pour découvrir l'art total qu'est l'opéra ce mardi 19 décembre.

Une mise en scène inventive et festive de Stefan Herheim, une direction facétieuse et tonique de l'orchestre du chef italien Stefano Montanari, des voix parfaites pour se familiariser avec le Bel Canto, La Cenerentola de l'opéra de Lyon fut une totale réussite.

Quoi de mieux pour terminer l'année à la veille de Noël qu'un spectacle pétillant sous titré par le librettiste du compositeur Gioachino Rossini, la bontà in triofo, le triomphe de la bonté ? 

Car Angelina / Cendrillon pardonne. Celle pour qui "la vertu est grandeur et l'amour est richesse" pardonne à ses deux harpies de demi soeurs, à son beau père, Don Magnifico : "J'accède au trône et je veux être plus grande que le trône, leur pardonner sera ma vengeance, je suis née dans les tourments et les larmes, mon coeur a souffert en silence, mais par un doux charme, en la fleur de l'âge, rapide comme l'éclair mon destin a changé". (Sul trogno io salgo, e voglio starvi maggior del trogno, E sarà mia vendetta il lor perdono. Naqui all, affamo, al pianto. Soffri tacendo il core, ma per soave incanto dell'età mia nel fiore, come un baleno rapido la sorte mià cangio)

Cette Cendrillon a les pieds sur terre, elle ne se laisse pas faire et force son destin et si le livret gomme le merveilleux en lui retirant sa pantoufle de verre, elle brise le plafond (de verre) avec grâce et humanité. S'il n'y avait pas de fée, la mise en scène était féérique avec des apparitions dans les nuages, des décors qui se meuvent en direct et créent de la profondeur et des perspectives nouvelles, des costumes colorés somptueux entre tradition et modernité, la figure du maestro Rossini qui joue au monsieur loyal et se démultiplie en un choeur drolatique chantant dans le public et bien sûr un chef d'orchestre italien taquin, Stefano Montanari qui se permet une incursion sur scène au début du second acte, vite rappelé à l'ordre par ses musiciens amusés. 

Mais l'opéra ce sont surtout des voix et la distribution nous a comblé avec la mezzo-soprano canadienne Michèle Losier dans le rôle de Cendrillon, délicate et virtuose, le ténor Cyrille Dubois dans le rôle de Don Ramiro qui se travestit en valet pour mieux éprouver l'amour ou encore l'époustouflant baryton-basse Renato Girolami qui endosse deux rôles, Rossini et Don Magnifico.

Au total, une très belle soirée avec la découverte d'un art et d'un lieu, le comportement irréprochable des élèves qui ont compris que l'Opéra n'est pas réservé à une élite.